—Il me semble, dit-elle en regardant la belle Magdelaine, que, sous le rapport du blond, j'ai trouvé ici une rivale.

—Non! c'est trop drôle! s'écria la prétendue rivale en se renversant dans son fauteuil pour mieux rire. Valentine, écoutez ça! Madame de Sénac qui me fait des compliments sur la couleur de mes cheveux! Vous qui racontez si bien, je vous recommande le mot.

Valentine de Navacelles, brunette mûrissante, au visage mat un peu bouffi, s'esclaffa de rire sans qu'on entendît le moindre son sortir de sa bouche gourmande. Elle mit ses mains sur ses hanches, balança une demi-douzaine de fois sa tête d'une épaule à l'autre, et dit avec profondeur:

—Je le donnerai à Dumas pour sa prochaine pièce.

La pauvre Thérèse se demandait avec frayeur ce qu'elle avait pu dire de si prodigieux. La maîtresse de maison eut pitié d'elle.

—Chère madame, il faut vous confesser que j'ai les cheveux les plus bêtes du monde: ni bruns ni blonds; entre les deux. Je me teins sans scrupule, comme vous voyez. Or, il n'y a pas deux mois, je faisais mes emplettes de départ avec madame de Navacelles. Nous sommes entrées chez mon coiffeur pour lui demander ma provision de teinture. Et savez-vous ce que je lui ai prescrit? D'attraper le blond merveilleux de la comtesse de Sénac. Ma foi! il n'y a pas à dire,—ça y est! Comme on se retrouve!

Thérèse leva mélancoliquement les yeux vers la glace pour voir si «ça y était» réellement.

Albert, trouvant sa femme un peu morose, vint à son secours:

—Vous êtes embarrassée, ma chère? Je le comprends; vous n'êtes pas habituée à des compliments aussi flatteurs. Mais si nous parlions un peu des régates?

Madame Chandolin développa son programme: