Ces dames n'ont plus d'autre sujet de conversation. Pensez donc : après trois ans de chapeau de forme et de pardessus ultra chic, M. le délégué est apparu avec un simple « melon » et une espèce de cover-coat! Littéralement, son élégance a descendu de plusieurs crans!

Ces dames ne subissent plus si fort le prestige autoritaire de M. le délégué. Je ne suis pas faite comme tout le monde, moi : j'oserais plutôt moins le regarder maintenant.


Pour en revenir au problème des punitions, je voudrais les remplacer par du raisonnement et de l'explication : « Tu as fait cela, c'est mal, je vais t'expliquer pourquoi. Écoutez, vous autres, pourquoi votre camarade a mal agi. »

La pédagogie officielle prône chaleureusement ce système. Mais où trouver le temps, le moyen, avec soixante enfants par maîtresse?

Et puis, encore, ce procédé est si dangereux quand on ignore la condition des élèves.

Hier matin, aussitôt l'appel terminé, dans la classe, la normalienne à son bureau, le visage composé, annonce d'une voix caustique :

— Je vais vous raconter une histoire de Mlle Brouillon.

Toutes les têtes se tournent vers Hélène Leblanc.

— Mlle Brouillon, une grande fille de six ans, habille sa petite sœur. Savez-vous comment? Elle lui a mis des chaussettes dépareillées! Voilà trois jours aussi, que Mlle Brouillon néglige de faire recoudre les boutons à son tablier.