— J'en ai pas encore, me dit bonnement une gamine à cheveux ras.
Dès que j'eus fini, s'effectua l'entrée en classe. Mon service est d'accompagner le rang des tout petits dans la classe de la directrice et de les placer sur les bancs, face au bureau.
— Pour vous les faire connaître rapidement, ce qui est indispensable, me dit la directrice, amusez-vous à les séparer par sexe.
Mais je me trouvai fort embarrassée : ces mioches de deux à trois ans étaient tous en robe et ils parlaient mal. Beaucoup n'avaient pas plus une tête de garçon qu'une tête de fille.
La directrice ne s'occupait pas de moi ; elle compulsait et signait des papiers.
Impossible de trier mon troupeau : en voici deux que j'ai mis à droite, je les reprends, je les range à gauche ; pour celui-là, j'ai envie d'opérer le changement inverse.
— Comment t'appelles-tu?
— Zizi.
Je ne suis pas plus avancée.