Je voulais constater un résultat à la fin de l'année scolaire, le voici : tout le monde a perdu de son essence propre, tout le monde subit l'influence occulte de l'« administratif ».

Dès l'entrée, — à cause de l'odeur unique, de la construction générale haute et déserte, du mobilier symétrique, fait pour l'alignement, à cause du règlement affiché, imprégné dans l'air — les enfants et les grandes personnes prennent une âme « de commande ».

Les enfants arrivent, ils décrivent un salut spécial, un salut « qui ne sert qu'à l'école » ; ils composent leur voix, leur regard.

Combien de force, de beauté, de possibilité heureuse apportée là, et détruite! Car, il faut le dire : c'est le meilleur de l'individu qui se dissout à l'école.

De même que l'art est vivifié et renouvelé par les excessifs, par les « sauvages », de même, la vie est orientée vers le mieux par les turbulents. L'espoir de la génération est dans les mauvais écoliers.

C'est Adam, surnommé par ces dames « L'Exempt de bien faire » qui présente pour moi l'avenir en progrès.

Que diable! ce n'est pas le sage Léon Chéron, le discipliné ne contenant aucun imprévu, qui peut recéler l'Espoir!


J'ai reçu une convocation solennelle de mon oncle : « Il sera heureux de tenir le rôle qui eût appartenu à mon père dans la circonstance présente. » Il m'attend après demain, dès le commencement des vacances.

Voilà où j'en suis! J'ai beau ne pas agir : les événements marchent en dehors de moi, malgré moi! Et la situation va se dénouer, à sa date, semble-t-il, comme si j'avais pris part à une série de faits convenus.