Ils marchaient vite, « portés » en ligne directe.
— Vous savez, dit Jeannin, ce sont des amies des lettres ; dans une circonstance urgente, elles vous recopient volontiers un manuscrit.
— Ah ! saisit Ferdinand avec une sorte de soulagement, ça peut être rudement utile.
Ils approchaient. Jeannin s’attendrit :
— Margot ressemble étonnamment à son père ; vous vous rappelez le beau front qu’il a ? et comme ce déséquilibré nous avoisinait ?
— Et alors, « l’autre » est sa cousine ? demanda Ferdinand oppressé.
Les deux jeunes personnes étaient rejointes, pour ainsi dire, quand un lieutenant de ligne s’intercala derrière elles ; à plusieurs reprises il retira sa cigarette de sa bouche. Voulait-il leur adresser la parole ? Le pas des deux amis était rythmé comme par un battement de cœur. Le lieutenant prit garde à cette marche significative, il s’approcha d’une devanture et laissa passer.
Ferdinand sourit vers Jeannin, le visage malade, et il dit d’une bouche sans salive :
— Il y a pire que les mauvaises pages à déchirer…
— Oui, répondit Jeannin, l’air désolé, il y a des faiblesses qui contrarient l’œuvre bien malheureusement…