Mais enfin, il la reconnut bien, malgré un rapetissement furtif et malgré cette malice de faire un brusque crochet vers le trottoir aux boutiques closes, pour éviter la pleine lumière de la terrasse… Ah ! ah ! il la reconnut bien !
XIII
Au mois de juillet, un dimanche matin, vers dix heures, Ferdinand cria :
— Ça y est ! J’ai écrit le mot Fin !
Marthe et les enfants accoururent, regardèrent l’encre humide.
Il avait posé sur la table son manuscrit entier, de façon à jouir matériellement et au complet de la richesse amassée. Marthe et les enfants admiraient le gros tas de papier figurant un album ouvert à la dernière page.
Les enfants voulurent préciser leur estimation critique : ni Georges, ni Albert, ne put enlever le manuscrit d’une seule main !
On s’embrassa. Un événement immense venait de changer la vie ; on bavardait pour le plaisir de bavarder : « Il ne faudrait pas maintenant que le feu prît à la maison ! Il y avait là pour plus de trois francs de papier acheté ! » On marchait de chambre en chambre, uniquement à cause de l’accélération du sang et de l’imagination.
Mais quel dommage ! On ne pouvait pas trouver Catherine immédiatement chez ses patrons, c’était son jour de permission. Les enfants, à table, gardèrent un rire désappointé : leur « p’tite Catherine » aurait dû surgir instantanément du mot Fin !
Il fallut sortir tout de suite après le déjeuner ; on n’aurait pas dit au juste pourquoi, mais il semblait indispensable d’aller, de regarder le monde, de répandre un fait :