— Mes compliments, vous florissez depuis que vous avez pris votre retraite.

Le personnage vira, le temps de clamer :

— Fichtre oui ! soyez tranquille, j’en jouirai de ma pension.

Puis il se remit à gesticuler devant ses interlocuteurs :

— Hâtons-nous de combattre cette utopie monstrueuse du droit à la vie : nous ne devons la vie à personne !

Ferdinand tira Griffon à l’écart :

— Oh ! mais ce refus est merveilleux dans la bouche d’un retraité : nous ne devons la subsistance à personne…

— Attends, je vais jouer au contradicteur, répondit Griffon.

Au lieu d’écouter la discussion, Ferdinand se planta sur le seuil de la boutique, à regarder l’étalage des livres, les flâneurs, les acheteurs et le commis-libraire.

« Tiens, remarqua-t-il, quelle quantité de titres émoustillants : l’Amour épileptique ; Tiers-partage ; les Fastes de la volupté. Ou alors, des ouvrages signés de noms aristocratiques : les Flirts élégants ; le Parc aux étoiles. »