— Vous savez, maintenant, madame Prestal, je me mets à la couture, je ferai toutes mes robes moi-même ; j’ai déjà appliqué une collerette de dentelle sur un corsage.

Marthe riait intérieurement de la sincérité de cette éphémère résolution. Et elle pensait à un parent de son mari, « l’oncle poivrot » qui, un jour, était venu, jurant d’employer désormais toute sa paie à « s’acheter des frusques », à preuve que, cette fois-là, sur l’argent de sa quinzaine, il s’était acheté une paire de boutons de deux sous.

Consciente des égards dus à son nouveau mérite, madame Griffon éleva soudain une protestation :

— Vous n’allez pas continuer à nous embêter avec votre littérature ?

— Voyons, répliqua son mari, c’est toi-même qui as intitulé notre réunion « dîner littéraire ».

— Parfaitement : tout à l’heure monsieur Prestal lira, et ce sera la partie littéraire ; mais, en attendant, les messieurs, dans un dîner, doivent complimenter les dames et non pas causer entre eux, comme vous faites.

— Entendu ! Ferdinand achève seulement une explication, le temps que Maria fait le service.

Maria s’éternisait à enlever les miettes avec une brosse ; la plupart des chapelures s’incrustaient dans la nappe, ne lâchaient pas prise ; quelques-unes sautaient par-dessus la brosse, retournant au milieu, vers le chemin de table.

Sur un coup d’œil orageux de madame Griffon, Marthe avança la main.

— Permettez, je me charge de prononcer la clôture.