—Au moins une raison de ce refus, Édouard; une seule?
—Je ne le puis.
—Je t'en supplie.
—Non, Maurice.
—Mais si je l'exigeais?
—Je te refuserais encore, Maurice. Ma vie a été à toi pendant quatre mois; elle est encore entre tes mains; ma fortune t'appartient; mais ceci n'est pas à moi, je ne le confierai à personne.
—Chez moi un secret! un secret qu'on me tait!
—De quoi t'étonnes-tu, toi qui en reçois tant et qui n'en as jamais violé?
—J'ai peut-être tort, répondit Maurice avec une grande apparence de sincérité; j'aurais dû comprendre que ce que tu me caches, n'ayant aucun rapport à ta fortune et à tes opinions, était tout simplement une affaire de cœur où personne n'avait le droit de pénétrer...
Ces dernières paroles furent dites d'un ton si vrai, quoiqu'elles cachassent leur hypocrisie; elles furent accompagnées d'une étreinte si involontaire, quoique peu désintéressée, qu'Édouard y fut pris comme Maurice lui-même.