—On lui a donc imprudemment appris ce duel? coupa d'un mouvement brusque Maurice.
—Elle s'y trouvait.
Ici la voix de M. Clavier s'éteignit, et, par degré, étouffée par la douleur, elle ne fut presque plus distincte. La secousse de cette si fatale journée avait vieilli de dix ans le conventionnel; ses derniers éclats d'énergie s'étaient consumés dans son entrevue avec Édouard. Verdi par le froid, fatigué de sa course dans la forêt, anéanti par le découragement, le corps et l'âme brisés, à peine eut-il la force de prendre la main de Maurice et de lui exprimer, par une étreinte muette, le coup dont il était frappé. Des larmes glacées coulaient de ses joues sur ses vêtements souillés.
—Ceci me tuera, Maurice.
Après bien des minutes écoulées, lorsque le feu pâlissait, lorsque les lumières ne répandaient presque plus de jour dans l'appartement, Maurice osa faiblement lui dire:
—Pourquoi ne les marieriez-vous pas?
—Jamais! avec cet homme; jamais!
—Et pourquoi ce refus de fer? Posséderiez-vous sur ce jeune homme la connaissance de quelques particularités qui justifieraient votre réprobation? Je dois vous détromper, ou, en toute sincérité, il faut que vous me communiquiez vos répugnances. Il a un caractère élevé, de la fortune...
—Il est noble, interrompit sèchement M. Clavier; vous n'avez donc pas lu mon testament?
—Non! aucun motif ne m'y obligeait.