—Mais c'est de toi qu'il s'agit. En quoi crois-tu utile de me consulter, Victor, sur une matière où je n'ai pas plus de lumières à t'offrir que beaucoup d'autres?

—Je ne suis pas doué, Maurice, d'une organisation assez complète, pour attendre le mariage comme la conclusion d'une passion impérieuse; et, à mon sens, quand on ne se marie pas par amour, il est de raison de ne s'engager qu'à la condition d'être heureux sous d'autres bénéfices.

—Tu rêves, reprit Maurice, un mariage d'argent?

—Un bon mariage.

—Ce sont deux choses.

—Passons sur les subtilités, Maurice, aide-moi.

—Comment t'aider?

—Tu es tout-puissant sur une famille de Chantilly. J'ai distingué, dans cette famille, une jeune fille douce, simple, et j'oserai dire, très-riche,—du moins c'est le bruit général. J'ajouterai, pour que mes prétentions ne te surprennent pas si fort, que ta femme m'a encouragé,—car c'est du ressort des femmes, le mariage,—à persister dans mes espérances. Ma sœur a même, je crois, mis la jeune personne dans la confidence. Ce qui me reste à obtenir, ce qu'il t'est facile de m'assurer par ta bonne intervention, c'est le consentement de M. Clavier, dont tu guides la volonté en toutes choses.

—Il s'agit donc de mademoiselle de Meilhan, Victor! de Caroline?

—D'elle-même, cela t'étonne encore?