—Ah! que non, le vieil avare! Mais j’aurais voulu voir qu’il m’eût empêché de saigner sa cave!

—Et s’il n’eût pas consenti à vous en livrer les clefs?

—J’aurais enfoncé la porte.

—A votre santé, monsieur le fermier. Ah! vous eussiez enfoncé la porte; et le conseil de guerre?...

—Bah! bah! le conseil de guerre en pays conquis! Eh bien! oui: j’eusse été peut-être condamné à être mis à la queue du régiment.

—Une plume et du papier, dit le prince à ses domestiques.

«Moi, fermier à Soisy-sous-Étiolles, écrivit le prince, ancien soldat, ayant fait la guerre en Allemagne, où j’ai quelquefois bu, sans leur permission, le vin des personnes chez lesquelles j'étais logé, et n’ayant jamais été puni pour cela, consens à ce que les trois soldats saxons qui ont pillé mon cellier soient, pour cette faute, condamnés à mort sur-le-champ.»

—Signez donc, monsieur le fermier.

Le fermier prit son chapeau et son bâton pour gagner la porte.

—Je ne veux pas que vous partiez ainsi, dit le prince en riant: estimez votre perte, et nous réglerons ensuite tous les deux. Faites comme si je vous avais acheté votre vin.