Octavie, c'était Mlle Rimblot, dont personne ne se souvient aujourd'hui, mais en ce temps là quelques-uns l'opposaient tout simplement à Rachel qui, du reste, n'en était pas jalouse.

Sur ces entrefaites, la jeune tragédienne tomba malade. Le 11 février 1847, elle écrivait à Mme de Girardin:

«Avez-vous distribué tous les rôles de notre Cléopâtre? Je suis dans mon lit depuis mes évolutions avec le Vieux, mais le désir ardent que j'ai de dire bientôt vos beaux vers à mon public de la rue Richelieu me fait espérer un prompt rétablissement. Cette indisposition fâcheuse pour l'auteur du Vieux de la Montagne[ [237] n'est point arrivée trop malencontreusement. J'avais besoin d'un peu de repos et de quelques jours de solitude pour achever de mettre Cléopâtre dans ma mémoire. Je viens d'envoyer au théâtre faire demander au copiste Lambin dit Alexandre mon cinquième acte. Dès que je serai en état de sortir, il faudra nous exiger de suite la mise en scène de votre ouvrage, et certes avec un peu de zèle on pourra le jouer vers la fin de mars ou le 3-5 avril. Voilà ma conviction. J'espère vous aller répéter mon rôle prochainement. Si vous vouliez vous charger de mes remerciements à M. Gautier (sic) pour sa bienveillance à me juger dans ma dernière création, je suis certaine que l'effet de ma reconnaissance lui serait bien mieux prouvé: c'est dans le journal la Presse que j'ai lu ses flatteuses louanges, je tâcherai d'en être digne en devinant l'auteur de Cléopâtre,

«Votre toute reconnaissante et dévouée

«RACHEL[ [238]

Heureusement que la maladie de Rachel fut de courte durée. Au mois de mars suivant, elle reparaissait sur la scène dans le rôle d'Athalie, et tel fut son succès que Lamartine voulut l'y voir. Elle écrivait alors à Mme de Girardin:

«Madame,

«Un rendez-vous que j'avais oublié me force de rester chez moi. Je vous envoie la loge que M. de Lamartine veut bien me faire l'honneur d'accepter. Quoique un peu souffrante et très fatiguée par les représentations suivies d'Athalie, je ferai tout mon possible pour ne point faire regretter à M. de Lamartine le temps précieux qu'il nous donnera ce soir.

«Recevez, Madame, l'expression de mes sentiments dévoués,

«RACHEL[ [239]