I

Lamartine écrivait un jour à Mme de Girardin:

«Voici Balzac qui me demande réponse sans me donner d'adresse. J'ai recours à vous, vous qui savez tout, même où se cache un homme de génie.

«Il s'agit d'une loge pour l'applaudir. Je veux la prendre. J'aurai assez de fortune et d'amitié pour la remplir si vous y venez ce soir-là. J'aurai même assez de gloire s'il triomphe. J'aime Balzac. C'est le figaro du génie. Mais ne lui dites pas son nom.

«Adieu! J'arrive de la campagne, sans cela j'irais vous voir, mais, ô migraine, tu es mon mal.

«Mille tendresses respectueuses.

«LAMARTINE[ [198].

«Dimanche soir.»

Cette lettre n'est pas datée, mais je ne crois pas me tromper en disant qu'elle est du 13 mars 1842. A cette époque, Delphine était, en effet, une des rares personnes sachant où Balzac se cachait à cause de ses dettes. Lireux lui-même, qui dirigeait le théâtre de l'Odéon, ignorait sa retraite, et l'on a raconté qu'au moment de répéter la pièce intitulée les Ressources de Quinola, qui devait passer le 19 mars 1842, Lireux lui ayant demandé où lui adresser le bulletin de répétition, Balzac lui répondit: