—Pauvre enfant! Quelle existence solitaire et monotone. Je viendrai te voir tous les jours, puisque c'est comme ça; je t'apprendrai à broder.
—Grand merci, ma petite maman, vos distractions sont trop follichonnes.
—Tu ne t'imagines pas comme ce travail-là fait passer le temps, et puis, il est si captivant, j'en rêve la nuit.
—Ma pauvre maman... eh bien, il m'arrive aussi de broder quelquefois... de jolis petits romans, dans mon imagination.
—Il est malsain de s'abandonner à la rêverie, ma petite Blanche.
—Parlons d'autre chose, chère maman. Sait-on ce que devient M. de Mérigue?
—M. de Mérigue... ah! oui, ce petit professeur que nous avons reçu et qui s'est présenté aux élections, je crois.
—Précisément... Le répétiteur de Théodore enfin... vous avez l'air de tomber des nues...
—Il n'est plus répétiteur de Théodore, il a dit à ton frère qu'il ne pouvait plus s'occuper de lui, qu'il avait d'autres chats à fouetter, je crois. J'espère bien qu'il n'aura pas fait subir ce traitement-là à mon fils...
—Il aurait eu raison quelquefois... Je le trouve très bien ce jeune homme... décidément.