«Le duc de Largeay prie le vaillant orateur royaliste de vouloir bien lui faire l'honneur de venir dîner chez lui mardi soir, sans cérémonie. M. de Mérigue serait bien aimable d'apporter quelques fragments manuscrits de son grand poème, la Rédemption des damnés. La duchesse et moi serons enchantés d'entendre les beaux vers de cet ouvrage.»

Le duc transcrivit fidèlement le factum ci-dessus et l'envoya à domicile par un de ses laquais.

Cet homme de service rentra au bout d'une demi-heure porteur de la réponse suivante:

«Monsieur le duc,

«Je suis aux regrets de ne pouvoir répondre à votre honorable invitation. Je prends la parole mardi soir au local de la Société d'horticulture, dans le but d'arriver à la formation d'un comité électoral.

«Agréez, monsieur le duc, l'expression de mes sentiments distingués,

«Jacques de Mérigue.»

P.S.—Tous mes remerciements pour les choses obligeantes que vous voulez bien penser au sujet de mes oeuvres.

Quand le duc eut donné lecture de cette épître, la duchesse s'écria vivement: Tiens! une idée; si nous allions entendre M. de Mérigue? Il admet les dames à ses réunions. C'est une partie de plaisir comme une autre, n'est-ce pas, mon ami?

—C'est un point de vue, ma chère.

—Vous m'y amènerez?

—Je vous y amènerai.

—Ah! vous êtes gentil ce soir.