—Je vous renouvelle ma première question. Où voulez-vous en venir?
—Ah! vous êtes par trop... simple.
—Vous pouvez faire défiler toutes les aménités de votre vocabulaire.
—Je suis venue... m'emparer de vous, et vous aimer.
—Je ne suis pas l'arbitre de vos sentiments. Pour ce qui me concerne, je vous jure que vous ne vous rendrez point maîtresse de moi, et que je ne vous aimerai... jamais!...
—Vous mentez, Jacques.
—Je n'ai jamais menti.
—Ne jouez donc pas sur les mots. Le coeur qui bat dans votre poitrine et qu'il me semble voir heurtant à coups précipités la prison qui l'enserre pour se révéler au grand jour, votre coeur dément tout bas l'impitoyable rigueur de vos paroles. Quel dommage qu'il soit muet. Mais patience, si vous le comprimez trop, ses sentiments intimes jailliront malgré vous, en frémissements, en soupirs, en cris peut-être, qui seront la condamnation de votre orgueil et le triomphe de mon amour.
—Jamais.
—Oh! j'ai le temps, monsieur de Mérigue, nous verrons bien qui se lassera le premier.