—Il ne s'agit pas de cela.
—Il ne s'agit que de cela.
—Tu me confonds!—d'abord l'élection va comme sur des roulettes.
—Parfaitement... tu es en train de te faire rouler.
—Comprends pas.
—Tu as eu un grand triomphe, c'est vrai! on t'a porté aux nues. Tu es monté au Capitole, mais tu as réveillé les ombrageuses gardiennes de ce monument. L'admiration et la stupéfaction d'hier se changent en jalousie; de la jalousie à la haine, à la calomnie, à la cabale, il n'y a qu'un pas. Le comité ne te soutient que de la plus mauvaise grâce. Sans compter le duc de Belverana qui est trop occupé à la Chambre pour intervenir à tout instant, tu n'as pour toi en ce moment que le vicomte d'Escal qui te patronne encore, non pour tes beaux yeux, mais pour jouer un bon tour aux Gauburge et autres Prunières qui avaient conseillé l'abstention. Au fond son humeur n'est pas belliqueuse et sa petite manifestation inoffensive une fois exécutée, il rentrera dans son fromage comme le bon rat de La Fontaine.
—Où veux-tu en venir?
—Voici: Suppose qu'il se présente demain un autre candidat conservateur.
—Allons donc!
—Suppose-le un instant.