—Vous le devinez, mademoiselle, celui que tous les faiseurs de vers appellent: mon cher maître.
—Hugo, en d'autres termes, dit mademoiselle de Vannes.
—Victor? interrogea la douairière.
—Non, maman... Georges... Brodez donc. Nous parlons très sérieusement avec Monsieur de Mérigue.
—Eh bien, Monsieur, je suis entièrement de votre avis, bien que je ne connaisse qu'une faible partie de l'oeuvre du grand homme. Ruy Blas en particulier m'a énormément plu... Ce ver de terre amoureux d'une étoile...
—Est mon emblème, Mademoiselle, figurez-vous en effet, qu'à l'âge de quatorze ans, j'avais le projet bien arrêté de conquérir les astres.
—Et vous êtes en chemin, Monsieur... vous serez conseiller municipal dans huit jours... député dans six mois.
—Ah! de tout cela, je me moque absolument. Les météores politiques sont trop mesquins pour le ciel de mon âme.
—Quelle jolie phrase, Monsieur! Revenons à Hugo... à ce propos, voulez-vous me rendre un service?
—Je suis votre esclave, Mademoiselle.