Plus tard, les seize ans du «gymnasiste» devenant romantiques, il avait récité à sa petite amie très attentive des bribes de son anthologie et celles des œuvres des grands poètes nationaux permises par la censure du lycée. Avec quelle emphase lyrique il déclamait dans le grand salon de Khorodienka, domaine qu’habitaient en ce temps-là les parents d’Evguenï:

Kouda, kouda vi oudalilis

Viesni moïé zlaté dni?...

Où vous êtes-vous enfuis,

O jours dorés de mon printemps?...

Que me préparent les heures qui vont venir?

Mon regard veut les saisir en vain;

Elles sont cachées dans une profonde brume...

Il n’y a pas de nécessité... La loi du sort est juste!

Tomberai-je percé d’une flèche?