—Et d’abord, pardonne-moi, amie, si je n’ai pas su cacher ma joie alors que vous êtes si désolés, toi et les tiens...
—Oh! crois-tu, Madeleine, que ma tristesse soit faite d’envie? que le bonheur des autres, le tien surtout, puisse l’offusquer? Mais au contraire, ma chérie, il me sera très doux de penser que pour toi, au moins, la Vie se fait clémente! Allons! dis, va!
—Eh bien! fit Madeleine rougissante un peu, tu me demandais un jour, te rappelles-tu, de te dire qui j’aimais... et je te répondais que livrer le secret d’un amour partagé c’était charmant, mais que dans le cas contraire la confidence n’avait rien de gai...
—Eh bien?
—Aujourd’hui, les choses ont changé, ma Viéra, le motif de mon silence n’existe plus: j’aime et...
—Tu es aimée? Ah! Made! que je suis heureuse pour toi, s’écria Mlle Erschoff en pressant son amie sur son cœur et la baisant cent fois aux joues.
Devant le bonheur de Madeleine, elle oubliait tous ses soucis à elle, la généreuse!
—Mais qui?... Dis vite! Est-ce que je le connais?
—Un peu, fit en souriant la Française.
—C’est?... Dépêche-toi, je bous!