La triste inconsolée, entière à son chagrin,
Goûtait peu la nature et son gai paysage,
Car pour elle les fleurs n’avaient plus de parfum
Et les oiseaux des nids n’avaient plus de ramage.

Seule, la brise tiède en caressant son front,
Retrouvait dans son âme un écho de sa plainte,
Et les feuilles tout bas mêlaient leurs doux frissons
Aux émois violents dont elle était étreinte.
. . . . . . . . . . . . . . .

Le Rêve sympathique à la pauvre Douleur,
Survint en soupirant, la toucha de son aile,
Un colloque expansif et de vibrante ardeur
Les enivra d’amour et LUI fut épris d’ELLE.
. . . . . . . . . . . . . . .

Et, depuis lors, on voit dans toute solitude
Que le Rêve exilé recherche tristement
Une nymphe songeuse; Et sa morne attitude
Dit que c’est la Douleur qui l’appelle et l’attend.

Lis de Pâques

Au Dr et à Madame Camille Bernier.

Au doux jardin de vos amours,
Deux beaux lis avaient pris racine,
Deux lis du plus brillant velours
Balançaient leur grâce câline.

Vos soins délicats, caressants,
Devaient garder vos chères plantes,
Horticulteurs, zélés, aimants,
Contre les rafales méchantes.