A l’intention de Mesdemoiselles E. et A. Bourbonnière.

Souvenir d’une villégiature à Dorion.

Les vieux pins de l’île enchantée
Ont fredonné bien des refrains,
D’accord avec la gent ailée,
D’accord avec les cœurs humains.

Chantez, chantez, vieux pins!
Notez bien nos tendresses,
Avec des mots divins
Chantez nos allégresses.

Les vieux pins de l’île enchantée
Ont répété les doux propos
Des amoureux sous la feuillée,
Les pins sont d’indiscrets échos.

Parlez, parlez, vieux pins!
Chantez-nous ce ramage,
Pour les plus douces fins
Livrez-nous leur langage.

Les vieux pins de l’île enchantée
Ont soupiré bien des regrets,
Vibrant la note inconsolée
Ils ont trahi de chers secrets.

Pleurez, pleurez, vieux pins!
Sympathiques aux grèves,
Sanglotez nos chagrins,
Le trépas de nos rêves.

Les vieux pins de l’île enchantée
Ont caressé bien des espoirs,
Leur sainte prière embaumée
A su ranimer les devoirs.

Priez, priez, vieux pins!
Modulez nos croyances,
Dieu bénit les destins,
Bercez nos espérances!