Le Parfum de Grand Prix

Dédiée à Madeleine de “La Patrie”.

Dis, Madeleine aimante, est-ce l’acte si doux
De verser sur le Christ de très purs aromates,
Qui te valut à toi, pauvre cible à courroux,
Le “regard” qui ravit tant d’âmes délicates?

Quand ton vase en albâtre eut vidé sa richesse
Sur la tête du Maître, en causant tant d’émoi,
Fallait-il encor plus pour gagner sa tendresse?
Etait-il suffisant ce tribut de ta foi?

Au Rabboni d’amour, il fallait davantage
Pour l’incliner vers toi. Pour l’oubli du passé
Il fallait à Jésus un ravissant hommage,
Ton repentir trouva le don d’un cœur brisé.

Des flancs ouverts de l’urne un parfum d’un grand prix
Monta comme un encens d’une douceur exquise
Vers le plus grand des cœurs! Ton amour fut compris
O femme! et par ces mots ta place fut conquise.
“Beaucoup lui sera pardonné
Parce qu’elle a beaucoup aimé”.

Sonnet