“Certes,” pensa Alice, “j’ai souvent vu un chat sans grimace, mais une grimace sans chat, je n’ai jamais de ma vie rien vu de si drôle.”
Elle ne fit pas beaucoup de chemin avant d’arriver devant la maison du Lièvre. Elle pensa que ce devait bien être là la maison, car les cheminées étaient en forme d’oreilles et le toit était couvert de fourrure. La maison était si grande qu’elle n’osa s’approcher avant d’avoir grignoté encore un peu du morceau de champignon qu’elle avait dans la main gauche, et d’avoir atteint la taille de deux pieds environ; et même alors elle avança timidement en se disant: “Si après tout il était fou furieux! Je voudrais presque avoir été faire visite au Chapelier plutôt que d’être venue ici.”
CHAPITRE VII.
UN THÉ DE FOUS.
IL y avait une table servie sous un arbre devant la maison, et le Lièvre y prenait le thé avec le Chapelier. Un Loir profondément endormi était assis entre les deux autres qui s’en servaient comme d’un coussin, le coude appuyé sur lui et causant par-dessus sa tête. “Bien gênant pour le Loir,” pensa Alice. “Mais comme il est endormi je suppose que cela lui est égal.”
Bien que la table fût très-grande, ils étaient tous trois serrés l’un contre l’autre à un des coins. “Il n’y a pas de place! Il n’y a pas de place!” crièrent-ils en voyant Alice. “Il y a abondance de place,” dit Alice indignée, et elle s’assit dans un large fauteuil à l’un des bouts de la table.
“Prenez donc du vin,” dit le Lièvre d’un ton engageant.
Alice regarda tout autour de la table, mais il n’y avait que du thé. “Je ne vois pas de vin,” fit-elle observer.