Vous y remarquerez principalement la proposition d'une trêve par terre, à condition de remettre les postes d'El-A'rych et de Catiëh entre les mains de l'armée ottomane.
Sans nous arrêter à cette proposition ridicule, nous saisirons l'ouverture qui est faite pour obtenir une trêve, en laissant les choses de part et d'autre in statu quo, ou en les modifiant à avantages égaux de part et d'autre.
Voici les nouvelles que Smith nous a données. Le Guillaume Tell est à Malte, les Anglais sont à Goze et continuent à bloquer Malte; le Généreux est rentré à Toulon; le Leander a été repris à Corfou. Il y a vingt mille Espagnols qui bloquent Gibraltar par terre; les Russes bloquent Gênes par mer; nos escadres sont bloquées à Brest par une escadre anglaise de même force. Smith assure que l'escadre hollandaise s'est rendue sans combat, comme on l'a débité, et que l'armée combinée en Hollande a été battue par les coalisés. Au reste, ces nouvelles sont anciennes. Il n'en est pas arrivé, depuis le départ de l'adjudant-général Morand, de plus fraîches que celles dont il a eu connaissance.
Vous verrez la déclaration de guerre de la Russie à l'Espagne.
Vous verrez aussi la déclaration de la Porte, qui renvoie le chargé d'affaires d'Espagne à Constantinople, à cause de l'intérêt qu'il prenait aux affaires de France. Cette déclaration n'annonce pourtant pas une rupture.
Enfin Smith dit qu'on parle beaucoup des belles manœuvres de notre amiral Bruix, et qu'elles lui ont fait infiniment d'honneur.
Nous irons coucher aujourd'hui à Lesbëh, et demain matin nous serons à bord du Tigre.
Smith a paru sensible aux provisions que nous lui avons fait remettre de votre part. Il vous envoie en échange des liqueurs d'Angleterre.
Salut et respect.
Desaix, Poussielgue.