Quand on a su les abattre,
On les pousse encore un peu
Pour avoir de quoi combattre,
Il faut étendre son jeu.
Si votre partie adverse
Craint, et ne s'avance point,
Que votre savoir s'exerce
A battre vite son coin.
C'est par le coin que l'on s'ouvre
L'entrée aux coups importants:
On passe une dame, on couvre,
On avance, on met dedans;
Mais ne faites point d'école,
N'oubliez point à marquer:
Jamais on ne se console
D'être assez sot pour manquer.
Pour faire de grands vacarmes,
N'avoir jamais le dessous,
Il faut amener des carmes,
Car ils font les plus grands coups.
L'autre jour, grand dieu! quel charme,
Et quel plaisir d'y songer!
Je vis prendre par un carme
Cinq ou six trous sans bouger.
Une fille jeune et vive
Ne peut modérer son jeu,
Ni, quand un beau coup arrive,
Garder un juste milieu:
Elle pousse un peu trop vite,
Et, son jeu se serrant trop,
On l'enfile tout de suite
Et l'on va le grand galop.
Si par heureuse fortune,
En l'absence d'un époux,
Vous jouez contre une brune,
Soyez bien sûr de vos coups:
Sur-tout point d'étourderie,
Et prenez bien votre jour;
Car on manque la partie
Souvent par jan de retour.
VOILA COMME ILS SONT TOUS.
Air: Si des galants de la ville.
Je conçois bien qu'un novice
En amour perde son temps;
Qu'il soit dupe du caprice,
Qu'il prend pour du sentiment.
Pour moi, satisfait de plaire,
Je ne crois pas aux serments
Qu'une femme peu sincère
Fait toujours à ses amants.
Je déteste l'esclavage,
Le plaisir seul est ma loi;
Je me plais au badinage,
Sans jamais donner ma foi;
Et, de peur qu'une volage
Ne me donne mon congé,
Le matin si je m'engage,
Le soir je suis dégagé.