Mais le féroce plantigrade, talonné par la faim, ne se laisse plus prendre à cette ruse. Il galope avec cette allure si lourde en apparence, mais tellement rapide en fait, qu'elle peut égaler la vitesse d'un cheval.

L'homme auquel une terreur bien légitime semble donner des ailes, s'approche visiblement du navire. Mais il se trouve encore éloigné de quatre cents mètres, et l'ours gagne de plus en plus.

—Il faut à tout prix sauver ce malheureux, dit le capitaine.

—Stop!

«Parez la baleinière!

«Cinq hommes de bonne volonté!»

Le docteur et le lieutenant sont accourus, armés chacun d'une carabine à deux coups.

Les matelots se présentent en groupe, réclamant tous le périlleux honneur de combattre le monstre.

Un cri d'horreur échappe aux moins impressionnables. Le fugitif a glissé, puis s'est abattu lourdement. L'ours n'est plus qu'à deux pas de lui.

Un coup de feu retentit, et la balle frappant à un mètre de l'animal, fait voler un éclat de glace.