«Sans quoi, la race en serait depuis longtemps anéantie.
«Où diable pareille énergie vitale va-t-elle se nicher!
—Celui-ci, docteur, a dû pourtant subir de rudes privations, à en juger par sa maigreur qui ne saurait être imputée, je crois, à sa seule blessure.
—Oh! capitaine, tout n'est pas roses, dans le métier d'ours polaire.
«S'il y a des jours de bombance, il y a aussi des semaines où le menu fait défaut.
«Quelque «struggle-for-lifeur» qu'on soit, on n'en est pas moins assujetti à de dures privations.
«Très souvent le gibier brille par son absence, après l'hiver, alors qu'au sortir de l'engourdissement annuel on aurait besoin d'un ordinaire soigné pour se refaire.
«Dans ce cas on vit de faim... on mange ce qu'on trouve... des carcasses dédaignées autrefois, des herbes marines, de la terre... des épaves de toute sorte, parfois les plus incohérentes.
«Il me souvient, entre autres, avoir trouvé, aux pêcheries d'Islande, un ours qui avait absorbé un soulier de matelot.
«Quant à celui-ci... je doute que son estomac ne renferme...