Tant mieux! car le capitaine d'Ambrieux a l'horreur des relations forcées.
On n'a pas aperçu la chaloupe allemande, de l'autre côté de la banquise. Pregel l'a-t-il cachée dans quelque coin ignoré pour la retrouver après les grands froids!... Est-elle perdue?... C'est un mystère que nul ne se donne la peine d'approfondir.
Il est neuf heures du matin et les travaux préparatoires accomplis en vue de l'hivernage vont continuer.
Maintenant que la neige est assez abondante, il s'agit d'élever, au nord de la Gallia, une falaise, pour l'abriter contre les rafales accourues du pôle. La glace fournit les moellons, et la neige additionnée d'eau le mortier.
Chaussés de leurs bottes esquimaudes qui sont réellement incomparables, vêtus de fourrures légères pour éviter la transpiration, les marins, lestés d'un déjeuner substantiel, se mettent joyeusement à l'ouvrage.
Soudain le pack s'anime: la morne solitude retentit du bruit des instruments, des éclats de voix des travailleurs.
On équarrit à la scie d'énormes blocs, on les fait rouler sur des barres d'anspect, et on les met en place après les avoir vivement cimentés.
«Gâchez serré, les enfants, et du train! car le mortier prend vite.»
Malgré les moufles de peau qui protègent les mains, l'onglée survient.
«Branle-bas!» commande le capitaine.