Parfois, cependant, il arrive qu'on s'émancipe. Le Parisien crie, siffle, appelle, on feint de ne pas l'entendre. Alors Oûgiouk fait claquer la terrible lanière qui détone avec fracas.

Alors Oûgiouk fait claquer la terrible lanière.

L'argument est sans réplique et manque rarement son effet.

S'il se trouve un délinquant par trop dur d'oreille, le capitaine met en mouvement sa garde d'honneur, ses fidèles qui ne discutent jamais la consigne.

—Ho!... Bélisaire!... Cabo!... Pompon!... Ramonat!... Ho!... là!... mes petits chiens!... allez chercher... en patrouille!...

L'escouade pousse un cri retentissant, prend la piste et s'élance. On entend au loin le bruit d'une lutte bruyante, et bientôt le retardataire tiraillé, poussé, mordu au besoin, revient piteux, la queue basse, entre les quatre gendarmes, que le Parisien appelle plaisamment ses «brassés-carrés».

Depuis qu'ils sont confiés à ses soins, le Parisien, avec une patience et une ingéniosité sans égale, a su les dresser au point d'en faire de véritables chiens savants.

Chose singulière, l'intelligence de ces animaux à demi sauvages, roués de coups avec une brutalité inouïe, à peine nourris quand ils quittèrent Julianeshaab, s'est développée avec une incroyable rapidité.

Le Parisien, il est vrai, s'est occupé d'eux à tout moment, après les avoir pris en affection dès le premier jour.