—Merci, matelot!
«Tu as bien dit!... La France... Voilà notre patrie...
«Et l'Alsace... vois-tu... se reprendra!...
«Et nous les battrons là-bas, après les avoir vaincus ici.»
[VII]
Inaction forcée.—Brûlure par congélation.—Le plus grand froid de l'année.—Souffrances des chiens.—La maladie groenlandaise.—Premières victimes.—Courant circulaire.—La goélette revenue à son point de départ.—Aurores boréales.—Observations tirées de leur apparition.—Les crépuscules polaires.—Retour du soleil.—Phénomène de réfraction.—Premières tempêtes.—Nouveaux périls.—Situation critique de la Gallia.
Quoique la chose parût en principe impossible, le thermomètre descendit encore pendant le mois de janvier et la première quinzaine de février.
Le commandant Nares et le lieutenant Greely avaient observé, pendant leur hivernage, un abaissement de 58° au-dessous de zéro. Les marins de la Gallia éprouvèrent, durant une semaine entière, un froid de −59°!...
Malgré toute leur énergie et leur formelle intention de réagir, ils demeurèrent claquemurés dans le poste, ne sortant qu'en cas de besoin absolu, pour recueillir la quantité de neige indispensable à la consommation quotidienne.
On avait dû renoncer provisoirement à aller chercher de la glace tant cette épouvantable température rendait difficile le travail des hommes et des chiens. Du reste, la fusion de la neige suppléait parfaitement à celle de la glace, tant pour la cuisine que pour la toilette. Malgré toutes les précautions et en dépit d'une active surveillance, la pompe gelée à fond ne fonctionnait plus. Mais comme il y avait surabondance de neige, cet inconvénient se trouvait en partie compensé.