Le premier en tête, l'intrépide officier s'élance vers la cale où sont emmagasinés les vivres, et, prêchant d'exemple, essaye d'enlever les tonneaux et les caisses.
Malheureusement, la température est très basse dans cette partie du navire. D'épaisses croûtes de glace formées depuis l'hiver aux dépens de l'humidité ambiante, tapissent la muraille de bois, encastrent les récipients et les soudent les uns aux autres.
Il faut la hache, la scie, le couteau à glace pour les dégager!
Aussi, que de temps perdu, que d'efforts écrasants pour arriver à sortir et à hisser un millier de rations!... de quoi ne pas mourir de faim pendant une vingtaine de jours.
Ce n'est pas tout. Ces rations, qui représentent peut-être l'unique ressource du lendemain, il est urgent de les déposer sur la glace.
Mais, comment? Par quel moyen?... Les cordages, encore encroûtés de glace, sont gros comme la jambe. Les poulies sont larges et épaisses comme des meules.
Impossible, en conséquence, de frapper un palan.
Les chasseurs arrivent enfin, apportant le secours de leur vigueur et de leur énergie.
La besogne est distribuée méthodiquement, et le navire, menacé de perdition, offre bientôt le spectacle d'une ruche en travail.
Travail convulsif, presque désespéré, nécessitant des efforts terribles sous lesquels succomberait l'organisme humain, si le devoir et la poignante nécessité n'en décuplaient la résistance.