«Est-ce pour cela que nous trouvons une température un peu plus élevée?...
—Mais, alors, au pôle géométrique, il y aurait une différence de douze degrés!...
—Douze degrés, c'est énorme!
«Pourquoi, dans ce cas, la mer ne serait-elle pas dégagée de glaces comme au soixante-huitième parallèle...
«Pourquoi la température dépasserait-elle celle de Reikiawick, d'Uleaborg ou Arkhangel...
—Berchou s'emballe, interrompt le docteur doucement ironique.
—Un peu à froid! sans jeu de mot, toutefois, reprend le capitaine souriant à l'enthousiasme de son brave second.
—Laisse-moi t'expliquer, mon cher Berchou, que ces chiffres de 79° 30′ et 78° de latitude sont quelque peu arbitraires.
«Quoiqu'ils ne se confondent jamais entre eux, les deux pôles du froid sont bien loin d'être fixes.
«Ainsi, celui du plus grand froid oscille entre Yakoutsk et Nijni-Kolymsk, c'est-à-dire entre quinze degrés et demi de longitude, et environ huit de latitude.