«Comme, Berchou, toi, un navigateur endurci, tu confonds le pôle géométrique de notre sphéroïde, avec son pôle, ou plutôt, ses pôles du froid.
«Voyons, rappelle-toi que l'étude approfondie des isothermes et certains faits géographiques, depuis longtemps observés, prouvent que le point le plus froid de notre hémisphère n'est pas le pôle proprement dit.
—C'est juste, capitaine, et j'oubliais que le pôle magnétique s'en écarte notablement, lui aussi.
—En conséquence, il y aurait, pour notre hémisphère, deux pôles du froid, placés, l'un en Sibérie l'autre en Amérique.
—Je me souviens, maintenant!
—Des physiciens ont même prétendu, au moyen de calculs plus ou moins ardus et plus ou moins probants, placer le premier, celui de l'Asie sibérienne, par 79° 30′ de latitude nord, et 120° de longitude est.
—Bigre! à neuf degrés et demi du pôle géométrique.
—L'autre, celui qui nous intéresse, se trouverait par 78° de latitude nord, 97° de longitude ouest.
—Ah! diable!... et nous l'avions déjà dépassé de six degrés, puisque nous sommes présentement par 84° de latitude, plus une fraction.
—C'est-à-dire d'une distance égale, à peu près à celle de Paris aux Pyrénées.