Ceux-là, du reste, ne vont ni mieux ni plus mal, sauf toutefois Nick, dont la maladie a été arrêtée net par l'absorption du sang de phoque avalé tout chaud.

Encore une autre dose et il serait guéri. Mais quand pareille aubaine se renouvellera-t-elle?

Qui sait si une rechute grave, peut-être mortelle ne se produira pas, avant que le sauvage pourvoyeur réussisse à opérer d'autres captures.

Cependant le capitaine a un long entretien avec le second Berchou, le docteur, et Guénic remplaçant momentanément le lieutenant Vasseur, atteint de scorbut.

La maladie d'une partie de l'équipage, la mort de Fritz, l'état de la banquise, l'impossibilité absolue de faire franchir à la chaloupe et aux baleinières un tel obstacle, tout concourt à la modification du projet primitif, consistant à ne quitter, sous aucun prétexte, ses matelots.

Mais, comme dit le proverbe: Nécessité n'a pas de loi.

Ce qu'un plus grand nombre ne peut tenter, un petit groupe a plus de facilités pour l'opérer.

Il partira donc seul de l'état-major, accompagné de quatre hommes au plus, et une demi-douzaine de chiens.

Il emmènera le bateau plat avec vingt-cinq jours de vivres, deux sacs pour dormir, quelques médicaments, un sextant, un horizon artificiel, un chronomètre, une lunette astronomique, des armes, des munitions, des pelles et des pioches, en un mot le minimum d'objets strictement indispensables.

Eu égard à la légèreté de ce matériel que les chiens pourraient seuls et très facilement traîner sur une glace plane, les hommes pourront conserver leur vigueur pour agir dans les endroits difficiles et se ménager, quand il n'y aura pas urgence absolue de donner le coup de collier.