Il faut, dès le début, et comme pour se mettre en haleine, manœuvrer la pioche et la pelle, déblayer le passage, s'atteler ensuite près des chiens, et faire monter le traîneau sur une pente où il est presque impossible de se tenir debout.
L'accès de la crête glacée est enfin obtenu, grâce à un escalier grossier taillé en plein bloc. Il s'agit maintenant de descendre. C'est encore pis, car le traîneau, sollicité par son poids, menace d'écraser les pauvres toutous qui geignent et tirent la langue.
Il faut l'alléger, transformer son contenu en ballots que chaque homme transporte sur son dos jusqu'au bas de la colline.
Le traîneau vide et dételé s'en va tout seul
—Et va comme je te pousse! dit le Parisien en voyant l'appareil, d'une solidité fort heureusement éprouvée, glisser comme une flèche et s'arrêter au bas d'un nouvel et plus terrible escarpement.
«Mince de Montagnes Russes!»
Cette chaîne franchie au prix de rudes efforts, une autre surgit, plus haute, plus abrupte, plus dure à escalader.
Le contenu du traîneau est déchargé et rechargé jusqu'à cinq fois pendant la matinée!
A un certain endroit plus particulièrement dangereux, le bateau, suprême espoir si les eaux libres apparaissent, doit être transporté à dos d'homme!