Il faut, à d'Ambrieux, modérer son impatience, retourner au traîneau et revenir avec un homme et deux pioches pour démolir le «signal».

Sous leurs coups, la glace vole en éclats et les boîtes à conserve s'éparpillent avec un grand bruit de ferraille.

L'amoncellement destiné à attirer l'attention des voyageurs étant dispersé, le capitaine d'Ambrieux aperçoit, profondément implanté dans la glace, un gros ballot de toile qu'il extrait avec précautions, et déroule avec des peines infinies.

Au milieu du ballot, il trouve enfin un flacon de verre solidement bouché et cacheté avec du brai.

Dans son impatience il va briser le flacon dans lequel il distingue parfaitement un rouleau de papier. Mais, honteux de cette précipitation, il commande à ses nerfs, arrête le tremblement qui agite ses mains et débouche posément le récipient.

Plusieurs feuilles s'en échappent. Il saisit la première venue et la parcourt d'un avide regard.

Elle est couverte de caractères allemands.

—Pardieu! J'en étais presque sûr, s'écrie amèrement l'officier.

Il relit une seconde fois et plus attentivement, et ne peut retenir un geste d'étonnement, à la vue d'un nom, d'une date, d'une latitude et d'une longitude: Markham... 12 mai 1876... 83° 20′ 26″ lat. N... 65° 24′ 22″ long. O.

Un long soupir de soulagement lui échappe alors, puis un bruyant éclat de rire.