—On dirait, capitaine, sauf votre respect, un manche à balai, si dans la marine il y avait des balais, ou si les fauberts ils auraient des manches.

Incapable de subordonner son allure à la marche lente du traîneau, le capitaine s'élance en courant vers la mystérieuse épave, et se trouve en effet devant un morceau de bois qui paraît, à première vue, être la hampe d'un croc.

Le capitaine s'élance vers la mystérieuse épave...

Il est dans un état de conservation parfaite, grâce peut-être à des onctions d'huile de lin qui l'ont saturé. Sa pointe disparaît dans un monticule de la grosseur d'une barrique, formé de glaçons agglomérés avec des boîtes à conserves réunies entre elles et attachées au morceau de bois par un fil de fer.

Il y a donc, dans cette disposition, l'idée manifeste d'attirer l'attention. C'est bien là un cairn ou signal édifié non pas avec des pierres, puisque la matière première fait défaut, mais avec les éléments dont disposaient les mystérieux visiteurs.

Il doit y avoir là-dessous quelque document dont il importe de prendre au plus tôt connaissance.

Dans sa précipitation, le capitaine est accouru les mains vides, sans même apporter un couteau à neige.

Il essaye néanmoins d'arracher le morceau de bois et d'ébranler à coup de pieds le grossier édifice.

Vains efforts! La glace, quand le froid est très vif, est le meilleur de tous les ciments.