Au-dessus de cette portion d'océan libre, qui partout ailleurs se montrerait sphérique, s'incurve en coupole un firmament d'un bleu intense, où flamboie l'aveuglant soleil dont nulle vapeur n'atténue l'incomparable éclat.
Une profusion de lumière, un immense lac d'eau vive, quelques glaces flottantes, c'est tout!
Rien qui frappe le cerveau, enthousiasme l'esprit, fasse battre le cœur, étreigne l'âme! Rien qu'un paysage polaire plus silencieux que ceux aperçus jusqu'alors! Rien qu'une étendue banale où la nature ne s'est donnée la peine d'être ni imposante, ni terrible, ni gracieuse, ni surabondante.
Les matelots qui se sont fait une tout autre idée de cette abstraction, jusqu'à lui donner un aspect en rapport avec leur éducation ou même leurs superstitions, à la matérialiser selon leurs aptitudes et leur compréhension, paraissent un moment interdits.
Mais, comme après tout ils sont matelots, que la mer est faite pour naviguer, et non pas pour exécuter un métier d'acrobates sur les montagnes de glace qui la recouvrent, ils se disent non sans raison, par l'organe de Dumas qui résume leur pensée:
—Voici de l'eau, de la belle eau dont que la Méditerranée elle en serait zalouse!
«Assez de glaces, Pécaïré!
«Et vive la mer, Tron dé l'air!...
«Nous sommes tous francs chaloupiers, et nous quitterons volontiers cette mauvaise rosse de glace, pour cette belle eau salée!...
«Pas vrai, camarades!...