Par cette ouverture surgit aussitôt, avec un sifflement aigu, un jet de gaz fétide qui enveloppe l'embarcation et suffoque les hommes écœurés.
Un jet de gaz fétide enveloppe l'embarcation
—Nage à culer! crie le capitaine, qui depuis la rencontre de la lugubre épave n'a pas dit un mot.
Les matelots, en hommes désireux de se soustraire à ces infectes et peut-être mortelles émanations, exécutent la manœuvre et se trouvent en un clin d'œil à distance convenable.
Les gaz sortent toujours avec ce bruit caractéristique de vapeur fusant sans des soupapes. La baleine, morte sans doute pendant l'été, saisie en pleine décomposition par les premiers froids qui ont emprisonné ces gaz putrides, eût ainsi flotté probablement jusqu'au prochain dégel sans le coup de croc du Basque.
Peu à peu elle oscille et commence à tanguer comme un navire que l'eau gagne. Bientôt dégonflée, devenue trop lourde pour flotter, elle s'enfonce peu à peu et disparaît dans un grand remous de vagues et d'écume.
Et rien ne subsiste désormais de la vie organique sur cette mer morte, circonscrite par des falaises de glaces, et où la présence des cinq Français semble un défi jeté à la réalité, comme à l'impossible!
Les matelots immobiles attendent, l'aviron bordé, les ordres de leur capitaine.
Celui-ci ne peut se résoudre encore à ordonner la retraite.