—Tant qu'à peu près, capitaine, et je vous remercie bien.

—Tu n'as plus rien à me demander.

—Oh! si, capitaine, bien des choses qui m'intéresseraient d'autant plus qu'elles seraient exprimées par vous.

«Mais les camarades sont las!... archi-las!... Et je vois bien qu'ils commencent à dormir, malgré ce failli soleil qui ne nous a pas lâchés d'une minute, à mesure que nous nous sommes avancés jusqu'ici.

—Rien d'étonnant à cela.

«Tu sais pourtant qu'au Pôle même, le soleil se montre le jour de l'équinoxe du printemps, c'est-à-dire le 23 mars.

«Il apparaît alors—sans tenir, bien entendu, compte de la réfraction—coupé en deux par l'horizon.

«Il monte peu à peu en suivant des courbes allongées, et ne se couche plus de six mois.

«A l'équinoxe d'automne, c'est-à-dire le 22 septembre, son disque vient de nouveau affleurer à l'horizon, puis il disparaît pour six mois, laissant la région plongée dans les ténèbres affreuses de la nuit polaire.

«Mais, à ton tour, essaye de dormir.