«Le temps nous presse... Je voudrais être déjà là-bas...
—Soyez tranquille, capitaine.
«On va dormir ferme afin de souquer double.
«Pas vrai, les autres.»
Mais les autres, la fourrure rabattue sur le nez, font entendre un trio de ronflements dont l'intensité montre que leur sommeil est profond et en raison des fatigues endurées.
Le capitaine lui, semble de fer. Accoudé sur le petit appontement qui termine le bateau à l'arrière, il assiste au lent défilé des heures, rêvant à la patrie absente, aux camarades perdus sur la banquise, à sa victoire, aux formidables difficultés du retour...
[XI]
Après le retour.—La joie de Constant Guignard.—Du pain et point de dents.—Bientôt on pourra dire des rentes et pas de pain.—Sinistres appréhensions.—Encore la tempête.—Sous les iglous.—Provisions volées.—Désastres.—Punition exemplaire des larrons—Egorgement en masse.—Fuite de Pompon.—Famine.—Après avoir mangé les chiens et leurs peaux, on attaque les harnais.—Au moment de mourir de faim.
Contre toute vraisemblance, et même contre toute possibilité, le retour du capitaine, de ses quatre hommes et de ses chiens s'opéra sans incidents notables.
La route fut horriblement pénible, naturellement, et les fatigues écrasantes.