—Dame!... ta haute paye... ta retraite... ta solde de rentier... ton pain... ton bère...

«Tout ça, mon vieux lascar, c'est l'héritage de ce pauvre défunt Pôle exproprié par nous de son domaine, et sabordé comme un vieux patachon d'eau salée.

«D'mande plutôt à Michel s'il ne l'a pas embroché, et raide!»

... Pendant ce colloque réaliste qui peut à peine dérider les malades retombés déjà dans leur atonie, le second, Berchou, après avoir remis le commandement au capitaine, lui rend compte de la situation.

Cette situation, déjà bien précaire lors du départ de l'officier pour le Pôle, s'est encore empirée. Aujourd'hui elle est absolument déplorable.

Bien qu'il eût pris dès le début l'initiative d'un rationnement rigoureux, surtout pour des hommes épuisés, le stock de vivres a diminué d'une façon alarmante.

Aujourd'hui qu'il faut continuer à servir aux malades la ration entière, la famine se dresse menaçante à très courte échéance.

—Mais la chasse... la pêche... observe le capitaine horriblement inquiet.

—Nulle!... complètement nulle, répond Berchou.

«Nous avons cru, sur la foi de relations offrant toutes les garanties d'authenticité, que les abords de la région polaire fourmillaient de gibiers aquatiques ou aériens.