—A vos ordres, capitaine, et puissions-nous revenir avec des secours.
«En route, camarades!
—Attendez encore un moment, reprend le capitaine qui, malgré sa prostration, conserve un sang-froid surprenant.
«Emmenez le dernier traîneau, et chargez-le avec une fourrure, un sac à dormir, vos armes, le digesteur qui nous est inutile faute de combustible, une hache, une scie et un couteau à glace.
«Chaussez vos bottes esquimaudes indispensables par ce temps de dégel, et partagez ce qui reste de tabac.
«Maintenant, une bonne poignée de main.
«Partez, mes amis, et n'oubliez pas que vous avez notre vie entre vos mains.»
Le chien qui précède la petite troupe, gambade et tient la tête. Il s'avance vers le Nord-Est, sans dévier d'une ligne et en suivant imperturbablement sa piste qui apparaît par place sur la neige à demi fondue.
Alors surtout les quatre compagnons constatent combien le capitaine a eu raison de leur faire emmener le traîneau qui ne pèse rien, ne retarde en aucune façon leur marche et transporte un matériel indispensable, sous le fardeau duquel eût succombé leur faiblesse.
La plus légère impulsion suffit à le faire avancer, car la voie est presque horizontale et assez praticable. Bien plus, quand l'un d'eux est fatigué, il peut, sans ajouter une surcharge notable, monter sur le traîneau, se reposer à l'aise, et récupérer de nouvelles forces.