A ces paroles vibrantes d'émotion et de sincérité, M. d'Ambrieux, l'œil brillant, les narines frémissantes, tendit silencieusement, par-dessus la table, sa main au Russe qui la serra énergiquement.
«Eh! mon cher, j'approuve d'autant plus votre sympathie pour la France, qu'à notre époque de fer et de triple alliance, il est un peu de mode de la décrier, reprit sir Arthur.
«Elle a fort heureusement bec et ongles pour se défendre...
«Du reste, la question n'est pas là.
«Voyons, nous sommes ici un petit comité d'esprits éclairés, supérieurs à toute mesquine susceptibilité... capables d'entendre et de proclamer certaines vérités sans être froissés.
—Il est bien entendu que l'on peut tout dire quand on n'a pas d'intention blessante.
«Où voulez-vous en venir, cher sir Arthur?
—A ceci, mais je solliciterai préalablement de M. d'Ambrieux la faveur de parler à mon point de vue:
«Je connais, mon cher collègue, votre ardent patriotisme et je veux que mon appréciation ne lui porte aucune atteinte, même la plus légère.
—Mais, mon cher hôte, je ne suis pas un de ces chauvins ombrageux qui ne peuvent souffrir la moindre contradiction.