«Zé n'ai plus qu'à mé pendre... Zé suis fiçu... flammbé... déshônôré...

«Qu'on mé flannnque à la fôôsse aux lîîonss... qu'on mé donne la cale sèche...»

Et un grand gaillard, barbu jusqu'aux yeux, s'élance du panneau en gesticulant, menaçant d'arracher de ses doigts crispés les touffes noires qui se tordent à ses joues et à son menton.

L'irruption de cet homme hagard, tragique, affolé, dont les habits disparaissent sous un enduit poisseux d'où s'exhale une violente senteur d'ail et de barigoule, est tellement baroque dans sa dramatique exubérance, que le docteur ne peut comprimer un fou rire, et que le capitaine, malgré son habituelle gravité, partage cette hilarité.

«Eh bien! Dumas, qu'y a-t-il donc? mon garçon, dit-il au désespéré.

—Capitaine... il y a... qu'il y a que vous allez me faire flanquer aux fers.

—Il ne s'agit pas de cela, mais de déjeuner.

—Eh!... bou Diou!... le dézeuner... c'est zustement la çose... dont pour laquelle ze devrais me périr.

—Mais, pourquoi?

—Capitaine! il n'y a pas de dézeuner pour l'état-major!