—Bah! et qu'est-il devenu?
—La sauce, il est dans ma barbe... sur ma vareuse... sur mon pantalon... voyez!... la sauce, il pleut de mes vêtements...
«Il y en a partout dans la cuisine... avec les morceaux de bœuf en dôbe... de poisson... la mayonnaise il est dans le çarbon... les assiettes, ils se promènent en tessons... ma cuisine, il est comme s'il y aurait eu tremblement de terre... la pôvre!
«C'est un fracas, une misère... un tremblement de damnation...
—Voyons, comment est survenue cette... catastrophe, interrompit enfin le capitaine qui réussit à endiguer ce torrent de lamentations.
—Capitaine, quand le navire il s'est lancé sur la glace, mes plats, mes assiettes, mes casseroles, ils n'étaient pas saisis...
«Pour lors, la violence du çoc il a tout jeté en pagale dans la cuisine.
«Tout est cassé, démoli, que c'est un çambardement où un calfat ne se retrouverait pas!
—Ce n'est que cela! continue le capitaine en souriant, console-toi, mon garçon, et va changer de vêtements.
«Nous déjeunerons avec des conserves sans sauce, et avec non moins d'appétit.