— Avouez, objecta Leminhac, que cette notion du péché qui empoisonne l’amour comme une essence dangereuse et subtile, avouez cependant que ce n’est pas là un grand bienfait, mon cher Van den Brooks. Comme tout serait plus aisé, plus simple, plus humain…

— Vous, vous ne serez jamais un amant, fit avec un sourire bizarre le marchand de cotonnades.


Helven et Marie Erikow ne parlaient pas.

Van den Brooks secoua les cendres de sa pipe à la face de la mer taciturne. Leminhac prit Tramier par le bras et lui conseilla vivement de venir confectionner un réconfortant cherry-flip en dehors de toute question de péché originel et de sophistique amoureuse. Leurs pas tintèrent sur les marches ourlées de cuivre qui conduisaient au petit bar.

Sous le ciel nu, le jeune homme resta près de Marie. Il s’agenouilla au pied du rocking-chair qui cessa son balancement.

— Je ne sais pas si c’est un péché, murmura-t-il, mais je crois bien que je…

— N’achevez pas, dit-elle.

Et le rayon d’un astre clément joua sur ses lèvres humides, sur ses dents étincelantes et sur la crête écumeuse des vagues…

CHAPITRE XI
L’esclave du Brésil.