— Je suppose, répondit Van den Brooks, qu’elle fait partie de l’archipel océanien. Tout me porte à le croire : la végétation, les récifs de coraux, les volcans, bien qu’elle soit absolument à part des groupes d’îles reconnues.

« Je puis, ajouta-t-il, avec un accent de fierté, me vanter de l’avoir découverte. Aucune carte n’en fait mention. Peut-être William Dampier, dans le premier voyage qu’il fit en 1699 avec le capitaine John Cock, le boucanier et le pilote Cowley, l’aperçut-il. Un passage de son récit me porte à le croire ; mais, s’il baptisa l’île Orageuse et l’île des Pétoncles, il ne donna pas de nom à la terre qui devait porter le mien.

— Et vous avez fait part de votre découverte, naturellement ? demanda le professeur.

— Pas encore, répondit Van den Brooks ; j’attends d’avoir achevé quelques expériences, précisé exactement la situation de l’île, etc…

— C’est un conte des Mille et une nuits, dit Marie enthousiasmée. Et qu’y a-t-il dans l’île Van den Brooks ? Des trésors ?

— Peut-être, répondit le maître du navire. Patience !

— Cette escale, interrogea Leminhac, nous détourne-t-elle beaucoup de notre route ? Je vous pose cette question au sujet de ma conférence de Sydney.

— Soyez sans inquiétude, mon cher maître, nous parviendrons sans encombre et sans retard à notre commune destination.

Sur cette réponse ambiguë, l’homme aux lunettes vertes salua ses hôtes et s’éloigna.

On sortait de table ; le professeur se disposait à la sieste. Leminhac proposa à Marie Erikow de lui faire la lecture.